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Un journaliste et des étudiants de l’Université Champollion ont mis en lumière un pan de la Seconde Guerre mondiale peu connu : la Shoah par balles.

C’est aux archives départementales que Chouette a participé à la rencontre de deux générations. Conseillers Départementaux Jeunes (CDJ) et anciens combattants étaient réunis pour la présentation de la bande dessinée « je n’ai pas oublié… histoires de la Shoah par balles ».

Écrite par Pierre Roland Saint-Dizier, journaliste et auteur de BD albigeois, elle témoigne des fusillades massives perpétrées contre les juifs et tziganes en Europe de l’Est pendant la seconde guerre mondiale. Cette BD retrace le voyage de l’auteur en Pologne aux côtés d’une vingtaine d’étudiants de l’Université Champollion et de leurs professeurs qui sont allés interviewer les derniers témoins.

Une formation unique en France

Ces étudiants suivent un enseignement unique en France autour de l’héritage historique européen et de la réflexion citoyenne. Encadré par des professeurs de trois disciplines histoire, géographie, sociologie, il permet de comprendre les mécanismes qui conduisent à des génocides. Le voyage d’études a démarré par des recherches aux Archives départementales qui ont permis de retrouver des tarnais déportés. « On fait de la micro-histoire : en retraçant l’histoire d’une personne, on parle de l’histoire de tous, souligne Manon, l’une des étudiantes impliquées dans le projet. » Un partenariat avec l’association Yahad In Unum a également permis de documenter cette partie peu étudiée de l’Histoire.

« Quand vous entendez un témoin, vous devenez un témoin »

Une des particularités de la Shoah par balles, c’est que cela se produisait dans l’espace public devant la population, souligne Ygal Fijalkow, professeur de sociologie à l’université.

Pierre-Roland Saint-Dizier s’est greffée à la démarche il y a trois ans. L’enjeu : rendre compte de l’existence de plus de 2 millions de personnes qui ont été fusillées et enterrées dans des fosses communes. L’originalité de la BD est qu’elle se place du côté du voisin, du proche, du témoin. Ce qui la rend très actuelle : nous pouvons assister tous les jours à des discriminations. « Quand vous entendez un témoin, vous devenez vous-même témoin », a-t-il souligné.

« Il faut lutter pour perpétuer la mémoire »

La séance s’est clôturée par un moment d’échange avec les anciens combattants dont certains ont livré des témoignages poignants. Le doyen de l’assemblée a été lui-même témoin, en 1942, de la rafle des juifs à Montredon-Labessonnié, alors qu’il était âgé de 7 ans. « Les années passent et il faut lutter pour perpétuer la mémoire », a-t-il défendu.

Un autre combattant s’est adressé directement aux jeunes en évoquant aussi ce qu’il peut se passer dans les cours d’école – harcèlement, discriminations… « Rien ne justifie la haine », a-t-il argué.

Justine Chanteau et Maria Guillon

A écouter

Emission passée sur France Inter le 28/04/2024 « À la rencontre des derniers témoins de la Shoah par balles«