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La Chronique de Julien N°6

Au printemps, avec le chant mélodieux des oiseaux, vient aussi au jardin le bruit des moteurs ! Tondeuses et autres débroussailleuses dévorent herbes et plantes sauvages pour ne laisser qu’une pelouse rase d’un esthétisme (certes !) soigné mais sans intérêt écologique particulier.

Julien vous propose donc de tenter la tonte différenciée afin de préserver la nature et le repos du jardinier-flaneur…

Qu’appelle-t-on la tonte différenciée ?

La tonte différenciée consiste à adapter la hauteur et la fréquence de tonte dans différentes zones du jardin qui seront délimitées en fonction de la fréquence et du mode d’utilisation de ces espaces.

La tonte différenciée fait partie d’une approche raisonnée de la gestion des espaces verts, de plus en plus appliquée par les communes. Facilement transférable aux jardins privés, elle témoigne d’une volonté d’appliquer des pratiques plus respectueuses pour l’environnement, moins gourmandes en énergie et en moyens humains et permet de favoriser la biodiversité.

Exemple de tonte différenciée

Quels sont les avantages de ce mode de gestion ?

Réduire la fréquence de tonte, augmenter la hauteur de tonte et laisser des espaces non tondus (ou peu tondus) présente une multitude d’avantages :

  • avant tout, c’est du temps de gagné pour le jardinier et moins de consommation d’énergie,
  • cette pratique présente même un bilan carbone plutôt positif car ces espaces peuvent être considérés comme des pièges à CO2,
  • les herbes hautes sont autant de lieux de vie pour de nombreuses espèces animales qui y trouvent refuge et sources de nourriture,
  • le cortège végétal indigène sur ces zones va augmenter avec les plantes et fleurs sauvages qui vont naturellement s’y implanter ; on peut également « forcer » les choses en semant ou plantant des graines de fleurs sauvages (au printemps) ou des bulbes (à l’automne),
  • conserver un couvert végétal important permet de protéger les sols des coups de chauds estivaux et de réduire le phénomène d’érosion des sols : les hautes herbes résistent davantage à la sécheresse car elles captent plus facilement l’humidité dans l’air et développent davantage leur système racinaire.
Quel mode de gestion pour quels espaces ?

Une tonte rase (entre 3 et 6 mm) fréquente pourra être réservée aux espaces dédiés aux activités sportives et récréatives (jeux de balles ou autres jeux extérieurs) et à certains abords de la maison, notamment autour des terrasses ou piscines.
Une tonte plus longue (7 à 9 mm) mais régulière sera appliquée aux zones de circulation et aux zones régulièrement fréquentés (abord de massifs fleuris). Ce mode de gestion permet d’avoir un rendu soigné, créer des cheminements et mettre en valeurs les massifs.

Les espaces non tondus (ou peu tondus – 1 à 2 fois par an) seront donc situés dans les zones éloignées de la maison, au bord des haies, autour d’arbres ou groupes d’arbres, aux abords des pièces d’eau ou bassins.

Morale de l’histoire : adapter sa manière de tondre en fonction des zones d’usage dans un jardin permet de créer des ambiances différentes et une manière de circuler qui pourra évoluer au fil des saisons et/ou années tout en prenant en compte l’esthétisme globale du jardin et son impact sur l’environnement !

Le conseil de Julien : utilisez vos résidus de tonte

Sur les espaces tondus régulièrement, laisser l’herbe coupée et broyée sur le sol permet de fertiliser les sols.
Vous pouvez sinon utiliser le surplus de résidus de tonte comme matériaux de paillage, au potager ou dans les massifs. Laissez-les sécher 24h avant de les étaler en couche de 5 à 10 cm

Cette chronique vous est proposée par Julien, jardinier-paysagiste au sein de Pierres et Jardins (81300 Lasgraisses).

Crédit photos : Florent Lamontagne contact@photoslamontagne.com